Société Psychanalytique de MontréalInstitut Psychanalytique de Montréal

C’est en 1923, dans l’Encyclopedia Britannica que Sigmund Freud, fondateur de la psychanalyse, publie de celle-ci une définition qu’il articule en trois niveaux, tous étroitement liés :

1. La psychanalyse est un procédé d’investigation des processus psychiques inconscients qui autrement seraient difficilement accessibles.

2. Elle est aussi une méthode de traitement des troubles névrotiques, méthode qui se fonde sur les résultats de cette investigation.

3. Elle constitue finalement un ensemble de conceptions psychologiques acquises par ces moyens et qui, réunies, forment une discipline scientifique nouvelle.

Cette définition met en évidence l’ensemble du champ d’action de la psychanalyse.
La conviction que les processus psychiques inconscients sont au cœur du fonctionnement humain et à la source de multiples problématiques psychologiques distingue la psychanalyse des autres approches. De nos jours, l’éventail des difficultés psychiques auxquelles s’intéresse la psychanalyse ne se limite plus aux seuls troubles névrotiques, ni sa méthode thérapeutique au dispositif inventé par son fondateur. 
Cet élargissement des indications de la pratique analytique a conduit à diverses modifications de l’offre clinique faite aux sujets qui demandent l’aide du psychanalyste. Il est important de souligner que le projet analytique ne se confine pas à une visée thérapeutique stricte, mais cherche aussi à procurer une amélioration du plaisir à vivre, à travailler et à aimer. C’est par la levée des obstacles inconscients que la psychanalyse contribue à mettre en place une liberté personnelle d’agir et de penser accrue chez celui qui s’y engage.

Le cadre optimal dans lequel se déroule une psychanalyse consiste en plusieurs séances hebdomadaires, idéalement de trois à quatre, où le sujet est invité à dire librement, sans y opposer de contrainte, les pensées qui lui viennent spontanément à l’esprit : c’est ce qu’on appelle la règle de l’association libre. On privilégie pour l’analysant la position étendue, l’analyste étant assis à l’arrière, hors de sa vue. On cherche ainsi à ce que toute la concentration du sujet se porte sur son monde intérieur. Le nombre de séances, la position étendue, la règle de la libre association forment l’essentiel de ce qu’on désigne comme étant la cure type. Toutefois, dans certains cas, d’autres modalités que la cure type peuvent être proposées. 

Une psychanalyse est avant tout une rencontre entre deux personnes, ouvertes sur leur propre énigme. C’est aussi une traversée dont il est impossible de prédire la durée et qui permet, dans le meilleur des cas, de se réinventer.